Partager l'article ! Tony Blair le toutou de Bush ne représente ni l'Europe ni nos valeurs: Je suis ô combien amoureux de l'Europe, et lucide de la chance ...






«Institution de premier plan cherche homme d'État doté d'une renommée internationale, rassembleur et européen convaincu. Adresser CV et références au Conseil européen, Bruxelles.» L'offre d'emploi est fictive, mais elle n'aurait pas nécessairement plus de succès que les premiers filets tendus par les Vingt-Sept pour trouver l'oiseau rare : le premier «président» européen à temps plein.
Candidat quasi déclaré, Tony Blair reste le plus crédible. À la Maison-Blanche, au Kremlin ou tout près de la Cité interdite, il répond à la première
condition : il serait instantanément reconnu. Mais il faiblit sur les deux autres critères, ce qui revient à dire qu'il n'est pas inéluctable. D'autres jouent le consensus ou l'expérience,
comme le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le Finlandais Paavo Lipponen ou l'ex-présidente irlandaise Mary Robinson. Ceux-là ont la faveur de la machine européenne. Mais ils passent plus
difficilement le test de célébrité. «Avec le traité de Lisbonne, l'Union européenne va avoir besoin de véritables hommes d'État. Ceux qui en auraient la carrure et la notoriété préfèrent encore
rester dans leur enceinte nationale. L'Europe muscle ses
institutions. Mais elle n'a en lice que des semi-retraités ou des demi-pointures», déplore en privé un initié de Bruxelles.
Le référendum irlandais passé, les premiers positionnements face à Tony Blair suffisent à illustrer la complexité d'une équation à vingt-sept variables et beaucoup d'inconnues. Les trois pays du Benelux ont lancé un pavé dans la mare, en faisant savoir que le président devra avoir «démontré son engagement européen (…) et être sensible aux équilibres institutionnels». Il n'est pas difficile de lire entre les lignes : l'ex-premier ministre britannique a les avantages d'une star, il en porte aussi les inconvénients.
Être à tu et à toi avec Barack Obama, Vladimir Poutine ou Nicolas Sarkozy ne garantit pas la cohésion européenne. Il est aussi permis de douter de la loyauté européenne d'un premier ministre britannique qui a toujours gardé un pied dedans et l'autre au dehors : il a promis à ses concitoyens un référendum sur l'euro plusieurs fois, sans jamais passer à l'acte.
Dans les capitales, la «candidature» Blair suscite aujourd'hui bien peu de soutiens enthousiastes - même en coulisses. Ce n'est sans doute pas une surprise. Qui d'autre ? La sélection se fera entre chefs d'État, sans vote ni référendum. Et de Paris à Berlin, Madrid, Rome et Varsovie, personne n'a encore abattu son joker.
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