Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 10:14

Nous pouvons améliorer le pouvoir d'achat des Français sans pour autant que cela coûte à l'état. Un quatrième opérateur c’est plus de concurrence et donc une baisse des prix de communication. La commission Européenne avait condamné la France et les trois opérateurs pour attente illégale.

Nous sommes le pays où les prix de communications sont les plus forts d’Europe.

On a encore une démonstration que la politique menée est faite  pour les copains



Au cours d'un déjeuner hier avec des députés UMP, le président de la République a fait part de sa réserve face à l'arrivée d'un opérateur mobile « low cost » comme Free. Un candidat qui ne s'engagerait pas dans une guerre des prix bénéficierait des faveurs de l'Elysée.

 

Nicolas Sarkozy chercherait-il à mettre des bâtons dans les roues de Free ? Hier, au cours d'un déjeuner à l'Elysée avec des députés UMP, le président de la République a déclaré être « assez sceptique et réservé sur le choix d'un quatrième opérateur mobile. Car le prix le plus bas n'est pas forcément le meilleur ». L'allusion à Iliad, maison mère de Free, seul candidat déclaré, est à peine voilée. Le fournisseur d'accès à Internet n'ayant jamais fait mystère de son intention de casser les prix du mobile. Même si, à l'Elysée, on précisait dans la soirée que le processus d'attribution de la quatrième licence n'était pas remis en cause, par ses déclarations, le président apporte de l'eau au moulin des trois opérateurs mobiles,444 qui ne ménagent pas leur peine pour barrer la route à Free. France Télécom a déposé plainte à Bruxelles pour « aide d'Etat », soutenu par Vivendi (la maison mère de SFR) et Bouygues Telecom. La « bande des trois », comme l'appellent les associations de consommateurs, a lancé une véritable opération « TSF » pour « tout sauf Free ». Leur argumentaire numéro un : le prix de la licence, fixé par l'Etat à 240 millions d'euros pour 5 mégahertz, est trop faible. Leur objectif : barrer la route au nouvel entrant sur fond de compte à rebours …

Les candidats à la quatrième licence mobile doivent déposer leur dossier d'ici au 29 octobre prochain. Le gagnant, qui sera désigné par l'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep), sera choisi en fonction de neuf critères, dont la cohérence et la crédibilité du projet, la rapidité de déploiement du réseau A moins de juger l'appel d'offres infructueux, théoriquement, le gouvernement et l'Elysée n'ont donc plus les moyens d'arrêter l'appel d'offres, dont les conditions ont été publiées au « Journal officiel » le 1er août dernier. L'Arcep, autorité administrative indépendante, est d'ailleurs désormais maîtresse de la procédure.

Critiques et soupçons

Autant dire que les critiques et les soupçons ne vont pas manquer après cette sortie du chef de l'Etat. Déjà, Edouard Barreiro, de l'UFC-Que Choisir, « ne comprend pas les propos du président. Toutes les institutions saisies comme la Commission européenne ont souligné qu'un nouvel entrant est nécessaire pour restaurer la concurrence sur un marché mobile sclérosé ». Dans l'entourage du président de la République, on insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une petite phrase lancée à la légère, mais bien au contraire le fruit d'une réflexion menée depuis plusieurs semaines. En creux, le président laisse ainsi entendre que le processus ne sera sans doute pas interrompu, mais que l'exécutif n'approuve pas le modèle « low cost » prôné par Free. A l'inverse, un candidat qui ne s'engagerait pas dans une guerre des prix, mais qui mettrait en avant ses investissements ou son rôle dans l'aménagement du territoire pourrait avoir les faveurs de l'Elysée. De là à voir un appel du pied à une deuxième candidature, comme celle de Virgin Mobile ou de Numericable, par exemple, il n'y a qu'un pas. En décembre 2008, Martin Bouygues avait mis en garde dans « Les Echos » : « Si le gouvernement autorise un nouvel entrant à venir faire de l'ultra-"low cost" dans le mobile, il prend une lourde responsabilité. A terme, une guerre des prix peut provoquer de 10.000 à 30.000 pertes d'emplois chez les opérateurs. » Cet argument a peut-être fait mouche chez le président de la République.

GUILLAUME DE CALIGNON ET SOLVEIG GODELUCK, Les Echos

 

 

Par Mourad Ghazli
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