Mardi 31 mars 2009
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UJRE est cohérent dans sa démarche sachant que le
crif est devenu le porte parole d'israel quel que soit le gouvernement. Ujr a voulu faire respecter le " F" du crif c'est à dire Français et Fraternité.




l' Union des
Juifs pour la Résistance et l’Entraide
14 rue de Paradis Fax : 01 45 23 00 96
75010 PARIS Mèl ujre@wanadoo.
fr
Tel : 01 47 70 62 16 http://ujre.monsite.wanadoo.fr/page1.html
Président d’honneur Adam Rayski (1913-2008)
Président Jacques Lewkowicz Paris, le 20 mars 2009
Présidente-déléguée Claudie Bassi-Lederman
A l’attention de M. le Président du Crif M. Richard PRASQUIER
Espace Rachi
39 rue Broca
75005 PARIS
LETTRE OUVERTE A M. RICHARD PRASQUIER, Président du Crif
(Conseil Représentatif des Institutions Juives de France)
Monsieur le Président,
Voilà déjà quelque temps que nous nous inquiétons d’un positionnement politique du Crif en rupture avec ses valeurs fondatrices. Lors de l’Assemblée générale de l’automne dernier, nous avons
indiqué que, s’il était essentiel de maintenir des relations constructives avec le pouvoir politique, ce ne pouvait se concevoir que dans la plus stricte indépendance et dans le respect du
pluralisme des opinions caractéristique de notre société, de notre République.
Notre inquiétude s’est trouvée, hélas ! renforcée avec l’annonce que le Crif, rompant avec sa propre tradition démocratique, n’invitait pas à son dîner annuel le parti « Les Verts » et le Parti
communiste français, au prétexte qu’ils avaient participé à des manifestations de solidarité avec les Palestiniens au moment de l’intervention militaire d’Israël à Gaza. Alors même que ces deux
partis se prononcent clairement, comme nous le faisons nous-mêmes, comme le font nos amis pacifistes en Israël, pour une revendication simple et humaniste : « Deux peuples, deux Etats, une paix !
»
Nous considérons que la décision que vous avez prise est contraire à l’esprit d’ouverture de cedîner traditionnel, tel que l’avait conçu Théo Klein et après lui vos prédécesseurs. Qu’elle est
contraire aux valeurs de tolérance et de respect du pluralisme qui ont animé les fondateurs du Crif parmi lesquels l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide qui joua un rôle essentiel dans
l’unification des organisations et institutions juives laïques et religieuses.
Monsieur le Président, permettez-nous, à ce propos, de rappeler ici les paroles prononcées par Léon Meiss, alors président du CRIF et vice président du Consistoire central, devant le premier
Congrès de l'UJRE en avril 1945 :
« Il y a un an, à cette heure-ci, nous vivions traqués, cachés et dans nos espoirs les plus audacieux, nous ne pouvions penser qu'un an après, nous assisterions à une grandiose réunion de l’UJRE.
Cette Union (…) nous l'avons connue lorsque, dans la clandestinité, nous nous sommes réunis, Lederman …/… 2/2
[notre regretté ancien Président], d'autres et moi pour établir le programme qu'aujourd'hui votre rapporteur (…) nous a présenté. Ce programme (...) contient beaucoup de choses auxquelles
j'applaudis. Comment n’en serait il pas ainsi ? Votre Union a été une des premières à adhérer au CRIF. (…).»
Beaucoup plus tard, en 1993, Jean Kahn, alors président du Crif écrivait à l'occasion du 50ème anniversaire de l' UJRE :
« Parmi les fondateurs du Crif, les représentants de l' UJRE ont joué un rôle déterminant. Ils ont tenu la place qui, de par leur action, leur dynamisme, leur efficacité leur revenait. Au delà des
options politiques, nous avons su ensemble, (…) lutter pour préserver des valeurs qui nous étaient communes et jeter les bases d'un renouveau qui s'est inscrit dans la liberté retrouvée. »
C'est bien parce que ces valeurs continuent de nous guider que le Bureau de l’UJRE prend
aujourd’hui, à regret, la grave décision de suspendre notre participation au Crif. Jamais depuis 1943,
en dépit des divergences profondes que nous avons pu avoir avec la majorité du CRIF, nous n’avons cru devoir nous retirer d’une organisation conçue comme représentative donc forcément
plurielle.
Cette fois, c’est au caractère représentatif et pluraliste du CRIF que vous vous en prenez, qu’il s’agisse de sa vie interne ou de sa place dans la société française.
Croyez, Monsieur le Président, que nous ne prenons pas cette décision de gaieté de coeur. Mais alors qu’une des plus graves crises économiques frappe la France, l’Europe et le monde et qu’elle
fournit le terreau dans lequel, nous le savons tous, s’enracinent extrémismes, nationalismes, antisémitisme et racisme, nous jugeons que l’ostracisme que la direction du Crif manifeste à l’égard de
partis démocratiques risque d’être lourd de conséquences. Issue directement de la lutte antifasciste et
de la Résistance, l’UJRE est fondée d’en alerter les Juifs de France.
Nous voulons croire que le Crif saura abandonner son positionnement partisan et la
proclamation d’anathèmes relevant d’autres temps pour retrouver son rôle et sa représentativité dans la société française ; pour défendre les intérêts moraux des Juifs de France et contribuer, à
partir des valeurs qui le fondent, au processus de paix au Proche Orient, seul moyen de garantir la sécurité et le développement d’Israël et le droit, jadis reconnu par le Crif lui-même, du peuple
palestinien à un Etat.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos sentiments attristés.
Pour le Bureau,
Tauba Staroswiecki Bernard Frédérick Jacques Lewkowicz
Secrétaire de l’ UJRE, Délégué de l’ UJRE au Crif Président de l’ UJRE
Délégué de l’Ujre au Crif
Par Mourad Ghazli
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