Partager l'article ! Mr Sarkozy vous avez plombé l'avenir de nos enfants avec votre déficit: Selon le Sénat, le gouvernement nous leurr ...




Selon le Sénat, le gouvernement nous leurre
Pour Jean Arthuis et Philippe Marini, nos finances publiques sont construites sur des bases fausses. : Ouest-France/AFP
Pour l'UMP Philippe Marini, le déficit public pourrait atteindre 6,4 % en 2012 et les impôts locaux exploser. Rien à voir avec les prévisions officielles, même revues à la baisse.
Les sénateurs attendaient, hier, les ministres de l'Économie et du Budget avec de solides arguments. Enrobés dans une épaisse couche d'onctuosité, ces arguments revenaient à dire : le gouvernement nous ment. Ce sont des têtes bien faites et bien pleines de la majorité -- pas ces énervés de la critique superlative -- qui nous le disent : Jean Arthuis (Union centriste, Mayenne) et Philippe Marini (UMP, Oise).
Ah ! les aléas
Ces deux gros bosseurs-là savent de quoi ils parlent. Le premier préside la commission des finances ; le second est rapporteur général du projet de budget. Mais ils nous le disent avec des mots qu'on hésite à qualifier d'affriolants : « La loi de programmation pluriannuelle est marquée par des aléas. » Wouaouh ! Comprenez : messieurs du gouvernement, votre hypothèse de croissance de 1 % en 2009 et de 2 % les années suivantes sont archifausses. Les finances publiques vont dans le fossé. Rien que pour respecter les 2,7 % de déficit en 2008, il faudrait un miracle à 5 milliards. En clair, on dépassera les 3 %. 3,1 % a dû reconnaître Éric Woerth, avec une croissance de 0,2 %, a ajouté Christine Lagarde (lire aussi page 2).
Ce n'est pas tout. Arthuis et Marini ont dessiné des courbes, selon que la crise sera courte ou longue, qu'il y aura récession ou pas. Dans tous les cas, les comptes publics restent dans le rouge en 2012. Dans la pire des hypothèses, le déficit atteint 6,4 % de la richesse nationale ! Plus du double d'aujourd'hui. Soit des emprunts en plus, une dette obèse (même si les taux baissent, comme le suggère la Banque centrale européenne), des remboursements paralysants. Sans compter l'énorme passif que l'on logera opportunément dans les sociétés d'aide aux banques et aux entreprises flageolantes et qui échappe à la calculette de Bruxelles.
Non au harcèlement
Et quoi faire ? 1) Ne pas accroître les prélèvements quitte -- force majeure -- à laisser filer les déficits : « Il ne faut pas ajouter la crise à la crise. » 2) Cesser de se fonder sur une croissance imprévisible. « Ce n'est pas le gouvernement qui fait la croissance. L'État joue un rôle partiel, voire marginal. » Concrètement : faisons comme s'il n'y avait pas de croissance. Il sera toujours temps d'employer le surcroît tombé du ciel. 3) Plafonner les dépenses. C'est le seul levier maîtrisable. Mais, n'étranglons pas les collectivités locales !
Communes, départements et régions assurent 73 % de l'investissement public. Ce sont eux qui peuvent éviter « un effondrement du BTP » et entretenir le lien social. Jean Arthuis lance alors un « appel au gouvernement » pour maintenir leur capacité d'investissement. Il réclame un « moratoire » sur certains transferts de charges, sur certaines normes hypercoûteuses, demande que l'on cesse « le harcèlement ». Philippe Marini confirme que « la contrainte globale s'accroît sensiblement » et que ça va se traduire par des hausses d'impôts. Ah ! les « aléas »...
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