Partager l'article ! l'immobilier de l'état est géré par des incompétents irresponsables.: INTERVIEW - Yves Deniaud, député UMP de l'Orne, prése ...



En 2007, le ministère des Affaires étrangères rachetait pour 325 millions d'euros le bâtiment de l'imprimerie nationale. Un immeuble que l'Etat avait cédé pour 85 millions d'euros à une société luxembourgeoise quatre ans plus tôt. Un exemple de mauvaise gestion parmi d'autres. Le ministère de la Justice loue ainsi un immeuble dont le loyer a flambé de 35% depuis le début de l'année. Autant de dysfonctionnements pointés du doigt dans le rapport d'Yves Deniaud sur la «politique immobilière de l'Etat».
Lefigaro.fr : Quels sont les mauvais élèves du gouvernement ?
Yves Deniaud : Le ministère de la Justice est certainement le plus mauvais. Il loue par exemple l'ancien immeuble du quotidien «Le Monde», rue des Italiens, dont le bail a été revu à la hausse
de 35% en début d'année. Mais rien n'a été fait pour le négocier. Les autres ministères ne font pas forcément mieux. Par exemple, le ministère de l'Environnement prévoit la construction d'une
tour sans prendre en compte la révision générale des politiques publiques qui entraînera à terme une diminution du nombre de ses effectifs. C'est-à-dire qu'il envisage la construction d'une
tour située au cœur de la Défense pour 700 millions d'euros alors qu'il y aura une baisse d'environ 20% de son personnel. Ou encore le ministère des Affaires étrangères. Malgré une réduction à
venir de 500 de ses agents, son fonctionnement reste basé sur ses effectifs actuels.
France Domaine, le propriétaire des bâtiments de l'Etat, n'est-il pas censé gérer ce patrimoine immobilier ?
Effectivement, France Domaine a été créé pour aboutir à une gestion civique de l'immobilier de l'Etat. Mais les ministères sont réticents, au sein même du ministère de l'Economie. Par exemple,
concernant la surface utilisée pour ces immeubles, il existe deux normes : la surface utile brute et la surface hors œuvre brute. Elles servent à calculer la taille des bureaux des employés qui
doit passer à 12 m2 par agent. Malgré cela, le ministère de l'économie a inventé la surface brute éclairée. Cela lui permet d'obtenir, en trafiquant les définitions, la bonne surface de bureaux
par personne. Ce qui n'est pas le cas, certains bureaux sont encore calculés sur l'ancienne base de 23 m2 par fonctionnaire. Le ministère de la Justice essaie lui aussi de brouiller les pistes
en parlant d'une surface utile balayable ! Ce sont des aberrations.
Peut-on chiffrer le coût de ces dysfonctionnements ?
Cela revient certainement à plusieurs centaines de millions d'euros entre les loyers surévalués et les investissements des ministères, mais il n'existe pas de chiffres totaux. A côté de ces
dérives, il faut également parler des institutions qui ont appliqué correctement la révision générale des politiques publiques. Par exemple, lors du déménagement de la maison de la
francophonie, elle aurait dû être logée dans un immeuble, rue de Ségur. Mais les travaux auraient coûté 80 millions d'euros. Ce projet a donc été abandonné pour un autre immeuble dont les
travaux ne représentent plus que 5 millions d'euros. C'est précisément le but de ce rapport : dénoncer les mauvaises pratiques et améliorer les comportements
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