




Globalement, il s'agit de la "guerre contre le terrorisme" telle que définie par George W. Bush au lendemain des attaques du 11 septembre 2001. Un terme générique qui, sept ans plus tard, ne veut pas dire grand-chose, jugent les détracteurs de l'administration Bush. Andrew J. Bacevich, professeur d'histoire et de relations internationles à l'Université de Boston, est de ceux-là.
Pour tous ceux qui en profitent, de près ou de loin, dit-il, "la guerre contre le terrorisme est une bénédiction, une entreprise pleine d'opportunités et de promesses juteuses pour les décennies à venir". L'ensemble de l'article est publié sur Asia Times Online, sous le titre : "The next president and the war on terror", le prochain président (américain) et la guerre contre le terrorisme. Au nombre de ceux "qui en profitent", estime Bacevich, "les entrepreneurs de la Défense, les officiers militaires ambitieux, les journalistes qui organisent des talk-shows à la télévision..."
Pour l'universitaire de Boston il est clair, surtout, que cette "entreprise est devenue une fiction, une astuce pour donner quelque semblant de cohésion à une panoplie d'activités qui, en réalité, sont contradictoires, contre-productrices, au mieux à côté de la plaque".
Il y a l'Irak, bien sûr. Et puis "la guerre orpheline, celle d'Afghanistan. Un conflit qui entre dans sa huitième année sans que rien ne donne à penser qu'il touche à sa
fin". Car, poursuit Bacevich, "Al-Qaïda persiste. Les talibans redressent la tête (...) Mis à part le fait d'avoir permis à l'Afghanistan de redevenir le premier producteur mondial
d'opium, les efforts des Etats-Unis pour pacifier cette nation et la conduire sur la voie de la modernité n'ont pas donné grand-chose".
Il y a le Pakistan, enfin, où se déroule "une guerre cachée-au vu de tous", comme le souligne non sans ironie Bacevich. "Il ne se passe pas un jour sans que les militaires américains ne lancent une opération au Pakistan, dit-il. Les frappes aériennes sont devenues monnaie courante et l'infanterie US y a aussi mené au moins un raid au sol à partir de l'Afghanistan".
Pour la Maison Blanche, ce n'est pas une guerre. Seulement voilà, tous les jours, ces opérations américaines dans les zones tribales pakistanaises font des dizaines de morts. "Des terroristes et des civils, relève Bacevich. Malheureusement, nous tuons trop peu de terroristes pour que cela compte vraiment, et plus de civils qu'il n'en faut pour favoriser le recrutement de nouveaux terroristes pour remplacer ceux que nous avons éliminés".
Depuis le mois d'août, l'armée pakistanaise pilonne la ceinture tribale. Et, tous les jours, des drones (avions sans pilotes) américains venus de l'autre côté de la Ligne Durand larguent leurs missiles sur des villages. Ciblés, des commandants talibans et des membres d'Al-Qaïda. Dommages collatéraux, des femmes et des enfants.
Ces violations à répétition du territoire pakistanais posent un énorme problème à Islamabad. A la tête du premier gouvernement civil démocratiquement élu depuis bientôt dix ans, Yousuf Raza Gilani a dit au cours du week-end que la communauté internationale considérait les raids américains en territoire pakistanais comme "un désastre". Wishful thinking ? Sûrement. Au fond, qui cela inquiète-t-il ?
Pour le Pakistan, Obama ou McCain, quelle différence ? Le candidat démocrate a déjà prévenu : "La plus grande menace pour le Pakistan aujourd'hui, ce n'est pas l'Inde, l'ennemi de toujours, mais les militants (islamistes) qui opèrent dans le pays. Il est crucial d'amener les responsables pakistanais à se concentrer sur cette menace, non seulement pour le Pakistan mais pour que nous puissions finir le 'boulot' en Afghanistan", a déclaré Barack Obama il y a quelques jours.
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