




Le cas d'Axel Miller, le patron démissionnaire de Dexia qui a dû renoncer à son parachute doré après la nationalisation de la banque franco-belge, ne restera pas isolé. «La responsabilité des dirigeants et des actionnaires, quand un soutien public est nécessaire aux banques en difficulté», a été solennellement soulignée dans la déclaration finale du G4.
Celle-ci appelle aussi les «superviseurs à élaborer des codes de bonne conduite pour s'assurer que les systèmes de rémunération… n'encouragent pas la prise de risque excessive». Car la question va bien au-delà des banques. Dès lundi soir, Bruxelles doit proposer aux ministres de l'Économie des 27 «une meilleure réglementation des rémunérations des dirigeants d'entreprise».
Et, lundi matin, les patrons français publient leurs recommandations que Laurence Parisot annonce «musclées». Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la moralisation du capitalisme un point majeur de sa campagne, a réitéré vendredi soir, à l'issue d'une réunion avec Christine Lagarde et Xavier Bertrand, les quatre exigences qu'il avait formulées à Toulon : pas de cumul entre le statut de mandataire social et les garanties liées à un contrat de travail, pas d'actions gratuites, pas de parachute doré lorsque les dirigeants ont commis des fautes ou «mis leur entreprise en difficulté» et «qu'en tout état de cause les conditions d'attribution des indemnités de départ soient précisées et limitées», enfin pas d'intéressement ou de stock-options si les salariés ne bénéficient pas eux aussi d'un système d'intéressement.
Quatre points qui figuraient dans le canevas des propositions du comité d'éthique du Medef que Laurence Parisot a présenté au chef de l'État à la veille du discours de Toulon. Ce comité de 23 membres y travaille depuis mars, mais la crise a accéléré les derniers réglages… et achevé de convaincre les plus réticents. Ce matin, la présidente du Medef et Jean-Martin Folz, président de l'Afep qui groupe les grandes entreprises privées, présenteront donc ensemble ce «code de gouvernement d'entreprise». Un document d'une petite dizaine de pages qui retrace les recommandations patronales à l'intention des entreprises du SBF 120. On y retrouvera la suppression des parachutes dorés en cas d'échec, l'obligation pour celui qui devient mandataire social d'abandonner son contrat de travail, et un encadrement très strict des stock-options mais aussi des retraites chapeaux.
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