


En d'autres termes, Ehoud Olmert est disposé à céder la quasi-totalité de la Cisjordanie. Selon la radio militaire, le plan et la carte qu'il a récemment présentés lors d'un entretien en tête-à-tête avec Mahmoud Abbas, le président palestinien, propose qu'Israël annexe trois blocs d'implantations en Cisjordanie où vivent la grande majorité des 250 000 colons. En échange, les Palestiniens obtiendraient des terres actuellement en Israël au sud du lac de Tibériade, de la ville d'Hébron et autour de la bande de Gaza. Au total, les Palestiniens contrôleraient l'équivalent au minimum de 98,5 % de la Cisjordanie.
Pour la partie arabe de Jérusalem annexée par Israël, Ehoud Olmert s'est également livré à une autocritique. Ancien maire de la ville, il a pendant longtemps été hostile à la moindre concession. «Je me suis trompé, nous devons céder une partie de Jérusalem, admet-il. Conserver toute la ville impliquerait de placer les 270 000 Palestiniens qui y habitent derrière une clôture. Cela ne marchera jamais.» Sur le front syrien aussi, Ehoud Olmert a changé. «Personne de sérieux en Israël ne peut penser qu'il est possible de parvenir à la paix sans renoncer en fin de compte au Golan», souligne le premier ministre.
Sur l'Iran aussi, Ehoud Olmert modère singulièrement le ton. Pour lui, les menaces à peines voilées de ministres sur une possible attaque aérienne israélienne contre les installations nucléaires iraniennes relèvent de la «mégalomanie». «L'Iran est une grande puissance et c'est à la communauté internationale de traiter de cette question», souligne le premier ministre en préconisant plus de «modestie» et en ajoutant : «L'idée selon laquelle nous savons mieux ce qu'il faut faire que les Américains, les Russes, les Européens à propos de l'Iran prouve que nous avons perdu le sens des proportions.»
Bref, sur pratiquement tous les sujets, un nouvel Olmert est apparu à la veille de sa retraite anticipée. Une conversion dénoncée par l'opposition de droite, tandis qu'à gauche et parmi les Palestiniens l'heure serait plutôt aux regrets. «Dommage que le premier ministre n'ait pas adopté ce genre de positions depuis le début de son mandat», souligne Yasser Abed Rabbo, un proche de Mahmoud Abbas, tandis que Yossi Beilin, figure de l'opposition de gauche, déplore qu'il «ait perdu tant de temps avant d'arriver à ces conclusions».
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