
Plus inquiétant, le trou devrait continuer à se creuser en 2009. Jeudi soir, le ministère du Budget était encore en train d'effectuer ses derniers calculs. Bercy pourrait présenter, ce matin, une prévision de déficit budgétaire de 52 milliards.
Le dérapage du budget de l'État n'empêchera pas pour autant le ministère des Finances de s'engager ce matin sur une stabilisation du déficit public - État, organismes d'administration centrale, Sécurité sociale et collectivités territoriales - aux alentours de 2,7 % du PIB en 2008 et 2009. Cette prévision permettrait à la France de ne pas franchir la ligne rouge des 3 % de déficit autorisé par le traité de Maastricht. Dans un contexte de dégradation des comptes de l'État, tenir cette prévision suppose une bonne performance du côté de la Sécurité sociale, d'autant que les collectivités locales verront leur déficit passer de 0,4 % du PIB en 2007 à 0,7 % cette année.
Face à ce flot de mauvaises nouvelles, Christine Lagarde et Éric Woerth chercheront à faire passer un message : c'est bien la dégradation des recettes, due à la crise économique, et non l'envolée des dépenses qui provoquera le creusement du déficit. Le budget 2009 sera en effet bâti avec une hypothèse de croissance de 1 %, même si le gouvernement veut présenter une fourchette de croissance volontariste, comprise entre 1 % et 1,5 %, pour montrer qu'il croit en l'impact de ses réformes.
Dans ce contexte, la France a été autorisée par ses partenaires européens à faire jouer les stabilisateurs automatiques : en clair, à ne pas compenser une diminution des rentrées fiscales par des coupes dans les dépenses. En revanche, le gouvernement s'est engagé à ralentir la croissance structurelle de ses dépenses publiques. D'ici à 2012, le rythme annuel de progression en volume sera de 1,1 %, soit deux fois moins qu'entre 1996 et 2006. Pour l'État seul, ce sera même du zéro volume. Les quelque 30 500 suppressions de postes de fonctionnaires prévues pour 2009 aideront à y parvenir.
«Grâce à cette maîtrise des dépenses, le déficit public structurel s'améliorera de 0,5 point par an d'ici à 2012», précise-t-on dans l'entourage du ministre de l'Économie. Bruxelles est très sensible à l'amélioration de ce solde. En affichant un tel effort, la France pourra mieux faire accepter par ses partenaires la pilule d'un retour à l'équilibre repoussé à l'après-2012. Selon les chiffres qui seront présentés ce matin, le déficit public sera de 0,5 % du PIB en 2012.
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