«Sarkozy n'a pas eu d’intérêt pour les Jeux paralympiques»
Hier, le Président reçoit l’équipe de France paralympique à l’Elysée, de retour de Pékin. L’athlète rebelle refuse dans un premier temps l’invitation, avant de se raviser. Le soir, en direct au
20 heures de France 2, elle regrette:
«Nicolas Sarkozy avait promis un entretien avec moi (pour qu’elle vienne Ndlr). Il n’y a pas eu
d’entretien. Je me rends compte que je me suis fait balader», dénonce la jeune femme, avant de préciser:
«On s’est parlé. Mais il voulait savoir ce que je faisais dans la vie et
voilà…»
Ce que Assia El Hannouni voulait dire à Nicolas Sarkozy,
«c’est le sentiment que toute la délégation paralympique avait ressenti. On n’a pas eu de message de soutien de personnes du
gouvernement, ni du ministre des Sports».
140 000 euros de primes
Le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, s’est rendu sur place, mais
«tous les athlètes ne l’ont pas vu», reproche la sportive, qui tient à souligner que les athlètes ont
«reçu avant de partir une lettre du Bertrand Delanoë, qui lui nous a soutenu, mais rien de la part du Président de la République. Je me rends compte qu’il n'a pas eu du tout d’intérêt pour
les Jeux paralympiques. C’est dommage».
Aux accusations de manque de considération, Bernard Laporte, qui dénonce un
«caprice de star», répond argent:
«Assia a gagné 140.000 euros. Ce n’est pas rien quand même. Donc je ne
vois pas comment elle pourrait se sentir lésée, a-t-il dit sur RTL.
C’est moi-même, avec l’avis du Président de la République, qui m’y a incité, qui ai rehaussé les primes paralympiques
au même niveau que celles pour les Jeux olympiques. Donc c’est déjà une forme de reconnaissance».
Diplomatie et sport
Il y a une «forme de reconnaissance» que Nicolas Sarkozy n’a sans aucun doute pas oublié. C’est celle envers la Chine. En même temps que les athlètes français, le Président a reçu
l'escrimeuse handicapée chinoise Jin Jing, bousculée à Paris lors du passage de la flamme olympique. La Chinoise, elle, a eu droit aux hommages personnels du chef de l’Etat: «Bienvenue à
Jin Jing, escrimeuse chinoise que je suis profondément heureux d'accueillir à Paris». «Chacun s'en souvient: Mlle Jin Jing a été malmenée de façon inqualifiable, lors du passage de la flamme
olympique à Paris. Et pourtant, elle s'est comportée avec un courage exemplaire», souligne le Chef de l'Etat.
«Vous avez fait honneur à votre pays. Vous avez fait honneur aux valeurs du sport. La France vous accueille aujourd'hui avec une profonde amitié et beaucoup d'émotion». Et Sarkozy ajoute:
«Votre présence, ce soir, est un des plus beaux symboles de la relation franco-chinoise à laquelle je suis tout particulièrement attaché». La diplomatie a ses raisons que le sport ne
connaît point.