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Les semaines jusqu'au 23 septembre, limite pour le dépôt des motions soumises au vote des militants, s'annoncent comme celles de tous les conciliabules.
Le rendez-vous de La Rochelle a été marqué par le retour au premier plan de Martine Aubry, qui pourrait prendre la tête d'une alliance entre ses propres partisans, les fabiusiens, des strauss-kahniens... voire d'autres forces. La maire de Lille -qui ne s'est pas déclarée au poste de premier secrétaire- affronterait alors les candidats déclarés: Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici.
Les tractations et rencontres autour de Mme Aubry ont irrité: ainsi, Vincent Peillon, qui soutient Mme Royal, s'en est pris à "une dizaine d'individus qui sont éternellement malfaisants" à la direction du PS, "qui ont été de toutes les combines", "assis au secrétariat national depuis 25 ans" et qui "font les constructions les plus compliquées dans les avant-congrès".
Pour l'eurodéputé, il faut "sortir" du parti ces responsables qu'il n'a pas nommés,
tout en semblant viser notamment l'entourage de Laurent Fabius, accusé de "fomenter des combinaisons invraisemblables".
Furieux,
Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius, dénonce à l'AFP les "propos outranciers", qui "montrent surtout le désarroi de leurs auteurs". Vincent Peillon "devrait se souvenir qu'il est philosophe de formation, donc faire preuve de plus de sagesse et de modération", assure-t-il.
De son côté,
Stéphane Le Foll, fidèle lieutenant de François Hollande, a fustigé l'attitude de certains responsables, qui "porte préjudice à l'image globale" du parti.
Pour lui, La Rochelle a toutefois le mérite d'"avoir clarifié les choses": "on sait maintenant que Martine Aubry est avec Laurent Fabius, c'est officiel". "A nous de construire un pôle central, cohérent", une "majorité stable, qui rassure les militants".
Se voyant lâché par certains de ses amis strauss-kahniens, Pierre Moscovici a déploré
un étalage de "manoeuvres, de manipulations, de tambouille, de combines", dénonçant des comportements "inélégants, voire déloyaux".
Le député du Doubs compte, pour l'heure, le soutien des grands élus Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, et du député Arnaud Montebourg qui a affirmé sa volonté de "poursuivre pleinement" le travail à ses côtés.
Très déterminé, M. Moscovici multiple les rendez-vous: après avoir rencontré François Hollande à La Rochelle, il devait discuter lundi avec Bertrand Delanoë et rencontrer mardi Martine Aubry, "une femme qui représente beaucoup pour la gauche", selon son expression.
Mais pour
Michèle Sabban, proche de M. Moscovici, "Martine Aubry s'est mise au coeur de la division, a cristallisé tous celles et ceux qui ne veulent pas rassembler".
Même l'ancien premier ministre
Pierre Mauroy, soutien de la maire de Lille, a fustigé le rapprochement Aubry-Fabius. Selon lui, "il faut tout faire pour éviter l'affrontement de deux blocs au congrès de Reims, sinon nous allons tout droit vers la répétition du congrès de Rennes, ce qui serait catastrophique".
"Martine Aubry a toujours dit qu'elle mettrait un certain nombre de conditions. Si elle s'engage, elle s'engagera avec un socle fort", modère de son côté un cadre du parti.
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