Vendredi 8 août 2008
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Durant les six premie mois de l'année, le déficit commercial français s'est creusé à 24,4 milliards d'euros. Une chute due principalement à l'envolée de la facture énergétique, qui a coûté 29
milliards au premier semestre. L'agroalimentaire tire son épingle du jeu, l'automobile baisse. La timide embellie du commerce extérieur entrevue en début d'année a fait long feu. Les douanes ont
annoncé jeudi qu'en juin le déficit commercial de la France s'était creusé de 5,64 milliards d'euros - un niveau jamais atteint sur un seul mois -, portant à 24,4 milliards le déficit cumulé depuis
le 1er janvier. En 2007, la balance commerciale s'était creusée de 39 milliards d'euros. Ce qui signifie qu'en six mois seulement les deux tiers de ce montant ont déjà été atteints. Autant dire que
2008 s'annonce comme un millésime record… Deux facteurs principaux expliquent cette contre-performance. Le premier est l'envolée des prix du pétrole qui a alourdi considérablement la facture
énergétique de la France en la portant à 29,1 milliards d'euros. C'est 8 milliards de plus qu'au premier semestre 2007. Hors énergie, souligne-t-on à Bercy, le déficit commercial aurait été de 3,7
milliards seulement sur les six premiers mois, soit 2,7 milliards de moins qu'au deuxième semestre 2007. Pour Anne-Marie Idrac, la secrétaire d'État au Commerce extérieur, «la facture énergétique
rend d'autant plus nécessaire le combat pour la compétitivité». Mais l'énergie n'explique pas tout : cela fait maintenant deux ans que les importations françaises dépassent les exportations, hors
énergie. Il faut y voir l'influence de facteurs structurels lourds, comme l'inadéquation croissante des produits hexagonaux à la demande mondiale. Selon une récente étude de la Banque de France, 80
% de la dégradation du solde commercial français hors énergie - 25 milliards d'euros depuis 2002 - est «imputable à un nombre limité de produits». Sept catégories sont visées parmi lesquelles
l'automobile, qui explique à elle seule le tiers de la dégradation, mais aussi la chimie, les appareils électroniques ou encore les métaux non ferreux. En excluant tous ces produits, le solde
commercial français serait resté globalement stable depuis 2000, souligne la Banque. L'Hexagone, cinquième exportateur mondial Un constat nuancé par les fonctionnaires de Bercy où l'on concède une
seule véritable difficulté du côté de la branche automobile. Il n'empêche : la part de marché des exportations françaises dans le monde est passée en cinq ans de 4,8 % à 4 %. Encore cinquième
exportateur mondial, la France est talonnée par l'Italie dont la part de marché progresse, à 3,7 %. Pour renouer avec une tendance plus favorable, Anne-Marie Idrac mise d'abord sur les effets des
récentes mesures prises en faveur de la croissance française, notamment celles contenues dans la loi de modernisation financière. Mais une fois de plus, Bercy privilégie encore la piste du
renforcement des moyens mis à la disposition des exportateurs pour les aider à conquérir de nouveaux marchés. Anne-Marie Idrac vise ainsi, d'ici à 2012, 10 000 entreprises exportatrices
supplémentaires, un doublement des entreprises accompagnées à l'international par Ubifrance ainsi que du nombre de volontaires internationaux en entreprises (VIE). Autant d'éléments susceptibles
de jouer éventuellement un rôle à long terme. En attendant, à court terme, le panorama reste très sombre : «Le commerce extérieur devrait enlever au moins 0,3 point à la croissance française du
deuxième trimestre», calcule Marc Touati, économiste chez Global Equities. Pour ce dernier, la variation du PIB entre mars et juin - qui sera connue la semaine prochaine - «devrait être nulle,
voire légèrement négative»…