Mardi 1 juillet 2008


Le général Bruno Cuche, a présenté sa démission, deux jours après un drame dans une caserne où un militaire a tiré sur le public à balles réelles, faisant 17 blessés.

Avant même la fin de l'enquête sur la fusillade de Carcassonne, les premières têtes commencent à tomber au sein de la Grande Muette. Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche, a présenté mardi sa démission, deux jours après le drame qui a fait 17 blessés.

C'est l'Elysée qui a annoncé cette démission, en ajoutant que Nicolas Sarkozy l'avait acceptée. « Ce geste fort intervient à la suite du drame de Carcassonne (sud-ouest), dimanche dernier. Le Président de la République, comme il l'a annoncé, suit avec attention les différentes enquêtes en cours », selon le communiqué. Et le texte ajoute que le chef de l'État, en sa qualité de chef des Armées, « entend que les armées en tirent toutes les conséquences quant à leur organisation et leur fonctionnement ».

En visite lundi à l'hôpital de Carcassonne, Nicolas Sarkozy avait annoncé la couleur : « Il y a eu des dysfonctionnements et négligences absolument inacceptables. Elles devront être sanctionnées ». « C'est toute la chaîne (de commandement, ndlr) qui devra s'expliquer », avait-il martelé.

 

Une démission « exclusivement » liée au drame

 

Bruno Cuche a assuré mardi que cette démission était « exclusivement liée » au drame survenu dimanche et non à d'éventuelles réserves de sa part sur la réforme des armées annoncée lors de la présentation du Livre blanc de la Défense. « La réforme en cours qui attend les armées, et à l'élaboration de laquelle j'ai participée, est absolument nécessaire », ajoute le général Cuche qui a assuré l'avoir « constamment portée et soutenue ».

Le ministre de la Défense Hervé Morin avait lui aussi demandé mardi matin des « sanctions immédiates », « sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaires » et militaires. Celles-ci privilégient pour l'heure l'hypothèse d'une « erreur humaine » et d'un « acte involontaire ». Le sergent impliqué a été mis en examen pour « blessures involontaires » avec pour circonstance aggravante le « non-respect des règles de sécurité ». Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. L'information judiciaire devra permettre de lever un certain nombre de zones d'ombre, et de comprendre pourquoi il a conservé, en totale contravention avec le règlement du 3e RPIMA, des balles réelles non utilisées lors d'une séance de tir. Il a d'ores et déjà été suspendu par sa hiérarchie.

par Mourad Ghazli
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