Mardi 24 juin 2008




Le conseiller Charlie Black a dû s'excuser après avoir déclaré qu'une nouvelle attaque terroriste aux Etats-Unis serait bénéfique au camp républicain pour l'élection.

A la dernière présidentielle, tout le monde avait à l'esprit que si George W. Bush mettait la main sur Ben Laden, ou si le pays subissait une nouvelle attaque terroriste, son rival John Kerry pouvait faire ses valises et abandonner la course. Pour autant, il aurait été fort naïf ou de très mauvais goût de le reconnaître publiquement dans le camp républicain.

Quatre ans plus tard, c'est pourtant la maladresse qu'a commise le principal stratège de John McCain. Charlie Black a ainsi déclaré au magazine Fortune, au sujet d'une attaque terroriste aux Etats-Unis, type 11 septembre 2001: «Certainement que ce serait un gros avantage pour lui» (John McCain). Il affirme également que l'assassinat «malheureux» de l'ancienne premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto a aidé John McCain à remporter l'investiture républicaine, en attirant l'attention sur le thème de la sécurité nationale. De quoi provoquer un tollé dans les médias et parmi les adversaires du candidat républicain. (Voir la vidéo CNN)

Lundi, le conseiller surnommé le «Sage» a lu une déclaration dans laquelle il disait «profondément regretter» ses commentaires «inappropriés». «S'il a dit ça, et je ne connais pas le contexte, je suis en profond désaccord», a quant à lui réagi le sénateur-candidat sur son ami de longue date. (Voir la vidéo)

Des excuses qui n'ont pas satisfait l'équipe Obama. L'un de ses porte-parole, Bill Burton, a ainsi estimé que cette remarque était «une honte, et c'est exactement le type de politique qui doit changer».

 

Appels à la démission

 

Il a ajouté que Barack Obama était «favorable à un débat sur le terrorisme avec John McCain, qui a totalement soutenu la politique de Bush, qui nous a détourné d'al-Qaida, qui n'a pas réussi à amener devant la justice Ben Laden et qui a fait que nous sommes moins en sécurité».

John Kerry, sénateur démocrate du Massachusetts et adversaire malheureux de George Bush à la présidentielle de 2004, a jugé pour sa part que le propos de Black renvoyait «au pire scénario de la peur de Rove et Bush», allusion à l'ancien conseiller politique de l'actuel président, Karl Rove.

Charlie Black, par ailleurs puissant lobbyiste et vétéran de huit campagnes présidentielles, est la cible d'une large campagne médiatique, lancée par Moveon.org. L'association de gauche qui l'accuse d'avoir eu pour clients les pires tyrans du monde», réclame régulièrement sa démission.

     
par Mourad Ghazli
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