PLUS DE 221 000 conducteurs ont suivi l'an dernier une formation pour récupérer des points sur leur permis de conduire. C'est dix fois plus qu'il y a cinq ans. Un « succès » dont se serait bien passé le ministère des Transports.
D'autant que le nombre d'organismes agréés pour dispenser les formations a doublé depuis 2002 et que les automobilistes ont du mal à s'y retrouver.
L'Etat a donc décidé de faire le ménage - avec la publication d'un décret prévu en juillet - dans cette nouvelle filière en remettant à plat les conditions de délivrance des agréments aux
organismes chargés d'organiser ces stages de deux jours, facturés environ 250 € . Ce qui fait déjà grincer des dents dans la profession et promet des embouteillages... aux portes des
stages.
Les professionnels prédisent des délais allongés pour passer son stage. Le Syndicat national des professionnels du permis à points (SNPAP) admet que le dispositif actuel peut être
amélioré. Il reconnaît notamment qu'il y a trop de centres de récupération de points dans certains départements, que le nombre d'animateurs est insuffisant et que les conditions d'agrément ne
sont pas suffisamment sélectives. Mais il estime que les nouvelles règles sont trop strictes.
« On va nous obliger à disposer d'un bureau d'accueil et d'un local comme les auto-écoles, explique Dominique Ducamp, vice-président du SNPAP. On ne pourra plus réunir nos stagiaires dans des
salles adaptées à l'intérieur des hôtels, comme nous le faisons aujourd'hui. Résultat : 60 % des organisateurs de stages seront remis en cause et 100 000 conducteurs risquent de se retrouver à
pied sans avoir la possibilité de récupérer leur permis faute de formation. »
Eviter les « dérives ». « Beaucoup d'opérateurs s'étant positionnés sur ce marché des stages, c'est devenu un peu l'anarchie et il y a eu des dérives, souligne Pierre Lemayitch, de
l'Association nationale pour la promotion de l'éducation routière, qui regroupe un millier d'écoles de conduite. Des stages n'ont pas été réalisés dans les règles de l'art, notamment en termes
d'effectifs. Faire sa formation dans un hôtel n'est pas répréhensible mais cela donnait l'impression à beaucoup de gens que le volet pédagogique passait à la trappe et que la finalité du stage
était purement lucrative. » Les auto-écoles vont-elles reprendre la main ? C'est ce que craignent certains. « C'est vrai que les auto-écoles font le forcing pour récupérer ce marché lucratif,
mais le problème est que n'importe qui peut aujourd'hui ouvrir un centre de récupération de points et ce décret permettra de filtrer davantage la profession », estime Jean-François Candelon,
président de l'Association nationale des animateurs pour la prévention et la sécurité routière.
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