




JEAN SARKOZY n'a pas laissé le choix à Patrick Devedjian. Le président du conseil général des Hauts-de-Seine, comme la plupart de ses élus de droite et du centre, a découvert que le benjamin du groupe en briguait la présidence quand il a reçu sa lettre, par fax, jeudi. Depuis, Devedjian tente de réparer les dégâts causés par cette candidature surprise. « On ne peut pas dire qu'il soit ravi, reconnaissent ses proches, mais sa priorité, c'est de restaurer l'unité au sein du groupe majoritaire. »
Le patron du département souhaitait que la présidence du groupe revienne à Hervé Marseille, maire Nouveau Centre de Meudon. Il en avait même parlé à Nicolas Sarkozy dans l'avion qui les ramenait de Beyrouth, samedi dernier. Apparemment, le chef de l'État avait été séduit par l'idée. Il entretient depuis longtemps de bonnes relations avec Hervé Marseille, et la perspective de donner un gage d'« ouverture » dans son ancien fief des Hauts-de-Seine, où les UMP sont ultramajoritaires, était faite pour lui plaire.
Vendredi, Patrick Devedjian s'est successivement entretenu avec Jean Sarkozy et avec Hervé Marseille au téléphone. Il doit les recevoir ensemble samedi matin au conseil général pour tenter de rétablir la paix entre eux. Même si les élus NC ne sont que trois au sein du groupe majoritaire, qui compte 26 membres, l'alliance entre droite et centre est traditionnelle dans le département, où elle a été longtemps incarnée par le tandem Nicolas Sarkozy-André Santini.
Le soutien d'Isabelle Balkany
À 21 ans, le fils du président maîtrise déjà l'art de la « blitzkrieg ». Avec l'aide de la très active Isabelle Balkany, il a réussi en quelques jours à rassembler discrètement autour de sa candidature les élus UMP opposés à la promotion d'un centriste à leur tête. Décidé à se taire jusqu'à son élection, qui devrait avoir lieu lundi à l'heure du déjeuner, il a fait savoir par son entourage qu'il n'avait « aucune intention de défier Patrick Devedjian ». « Un certain nombre de conseillers généraux sont allés le voir pour lui dire que la présidence du groupe revenait à l'UMP », ajoute un proche. Le ministre des Relations avec le Parlement Roger Karoutchi, un ancien élu des Hauts-de-Seine qui n'apprécie guère Patrick Devedjian, a estimé au Talk Orange-Le Figaro qu'on « ne peut pas reprocher à quelqu'un d'avoir 21 ans et de vouloir rajeunir la vie politique ».
De son côté, Isabelle Balkany a démenti hier toute implication dans cette candidature. Elle confirme néanmoins qu'elle apporte son « soutien à Jean, qui saura insuffler de la jeunesse et du dynamisme au groupe ». Pour elle, « Jean Sarkozy a toutes les chances d'être élu ». Et selon toutes probabilités, ce ne sera pas la dernière marche que grimpera ce jeune homme pressé. De là à en conclure qu'il briguera dans trois ans la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, il y a un pas que certains dans le département n'hésitent pas à franchir. Entre Sarkozy père et fils, les prochains mois s'annoncent compliqués à vivre pour Patrick Devedjian.
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