


Pendant longtemps, elles se sont tues. Comme si rien ne s'était produit. Jusqu'en 2000, les femmes de plus de 50 ans confessaient rarement un viol. Depuis, le tabou s'est fissuré. Les quinqua commencent à raconter, tandis que les jeunes se confient plus aisément. La vaste enquête sur les conduites sexuelles conduites auprès de 12 000 personnes en 2006, et dont l'Ined publie vendredi une analyse, enregistre ce changement et voit doubler le nombre de déclarations d'agressions.
Quand les femmes parlent, les chiffres sont vertigineux. Sur 100 femmes françaises de 18 à 69 ans, 7 ont été bel et bien violées. Encore 9 autres ont été victimes d'une tentative d'agression sexuelle. Pour la première fois, les hommes ont été entendus et 5 % d'entre eux ont raconté des agressions sexuelles, tandis que 1,5 % a été contraint à des rapports sexuels.
Ces nouvelles données sur les violences sexuelles relèvent encore du confessionnal. La police, elle ne sait presque rien de ces vies abîmées. Entre 50 000 et 120 000 femmes auraient subi un rapport sexuel imposé ou une tentative au cours des douze derniers mois de l'enquête. Pourtant, 9 993 plaintes seulement ont été déposées sur cette période, soit 10 %. Jusque dans les années 1990, le nombre de plaintes allait croissant, avant de se stabiliser autour de 10 000. Un chiffre bien en deçà de ce phénomène qui touche, selon l'Ined, tous les milieux sociaux.
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