Mardi 22 avril 2008


              Dalaï-lama citoyen d'honneur : Pékin «mécontent

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    Bertrand Delanoë et le dalaï-lama, le 16 octobre 2003, à Paris. (Robine/AFP)
    Bertrand Delanoë et le dalaï-lama, le 16 octobre 2003, à Paris. (Robine/AFP)

    Alors que l'Elysée tente d'apaiser la crise, la Chine estime que la décision de la ville de Paris de rendre hommage au leader spirituel tibétain est une «grossière ingérence».

    «La Chine fait part de son vif mécontentement et de son opposition résolue» : Pékin a été prompt à réagir, moins de 24 heures après la décision de la ville de Paris de faire du dalaï-lama son «citoyen d'honneur». Ce regain de tensions intervient également quelques heures après l'envoi par l'Elysée d'émissaires français à Pékin pour appeler Pékin au dialogue.

    «Cette décision est une grossière ingérence dans les affaires intérieures chinoises, portant gravement atteinte aux relations franco-chinoises», a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu appelant également la France à «prendre des mesures concrètes pour sauvegarder les relations» bilatérales. Pour le pouvoir chinois, cette décision du Conseil de Paris «va ensuite encourager l'arrogance du dalaï-lama et ses partisans tibétains pro-indépendance».

    Même hostilité de la part de la presse chinoise, qui à l'instar du site Chine Informations, évoque une «provocation» de la part de Bertrard Delanoë .

     

    Lettre de l'ambassadeur de Chine

     

    Lundi, avant le vote, les élus de la mairie de Paris avaient reçu une lettre à l'en-tête de l'ambassadeur de Chine en France pour les dissuader de faire du dalaï-lama un «citoyen d'honneur» de la capitale française, comme l'avaient été avant lui l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, ou l'Iranienne Shirin Ebadi.

    L'un des adjoints du maire de Paris, Pierre Schapira, qui a eu connaissance de la missive chinoise, a expliqué que l'auteur de la lettre mettait en garde dans des termes «extrêmement violents» les élus de Paris expliquant, qu'en distinguant le dalaï-lama, ils rendraient «pire la situation au Tibet». «Je suis scandalisé par cet ultimatum. Je n'ai jamais vu un ambassadeur qui fait pression sur des élus de cette manière», a déclaré Pierre Schapira.

    Le communiqué ne mentionne en revanche pas Hu Jia, militant chinois des droits de l'homme, qui s'est pourtant lui aussi vu décerner le même titre de «citoyen d'honneur» que le chef spirituel tibétain en exil. Le dissident a été condamné le 3 avril à trois ans et demi de prison pour «incitation à la subversion au pouvoir de l'Etat».

par Mourad Ghazli
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