



Les élus du Val d'Essonne ont quasiment triplé leurs indemnités ! « Ces sommes restent inférieures au plafond
légal », minimise le président UMP, Patrick Imbert.
POUR NICOLAS SARKOZY 172 % d'augmentation, pour Patrick Imbert 174 %. Sept mois après la polémique autour des indemnités du
président de la République, le président UMP de la communauté de communes du Val d'Essonne* fait aussi l'objet de critiques.
Vendredi soir, à l'occasion d'un conseil qui se tenait à Leudeville, il a fait voter une importante hausse de ses indemnités (+
174 %) et de celles des vice-présidents (+ 170 %).
« Eux n'auront pas de problème de pouvoir d'achat », raillent déjà certains. La proposition a été adoptée par une très large
majorité.
« Je trouve cela parfaitement scandaleux, s'offusque Robert Coquidé, le maire (sans
étiquette) d'Echarcon, qui a voté contre. La CCVE a bien d'autres priorités et bien d'autres projets plus importants pour la population. A l'heure où tout le monde est appelé à se
serrer la ceinture, c'est tout simplement immoral. »
Une attaque que Patrick Imbert ne comprend pas. « Jusqu'ici, un vice-président percevait 277 par mois, contre 748 maintenant, détaille celui qui est aussi adjoint à la mairie de Ballancourt et conseiller
général. Pour ma part, je suis passé de 700 mensuels à 2 057 brut. Ces sommes restent inférieures au plafond légal. » Et de rappeler qu'ailleurs certains perçoivent plus que
lui. « A la communauté de communes de l'Etampois (NDLR : 33 000 habitants), le président touche 2 500 , et dans les agglomérations comme Evry (110 000 habitants), les indemnités du président
avoisinent les 6 000 », avance Patrick Imbert.
Pas sûr que la pilule passe pour autant. Car dans d'autres collectivités, la tendance est inverse (voir encadré).
Maire UMP de Vert-le-Grand et deuxième vice-président de la CCVE, Jean-Claude Quintard, lui, trouve cette hausse justifiée et raisonnable.
« Nous ne percevons que 80 % des indemnités maximales. Au départ, tout était minimalisé en attendant de monter en puissance. Maintenant que les compétences sont plus importantes, je ne vois pas
ce qu'il y a de choquant à augmenter les élus. »
* La CCVE comprend 17 communes autour de Mennecy et La Ferté-Alais, pour un total d'environ 50 000 habitants.
DANS D'AUTRES collectivités, on cherche plutôt à grappiller le moindre euro pour alléger les budgets. Au Sictom du Hurepoix, syndicat qui gère les ordures ménagères de 47 communes essonniennes, le président
(non-inscrit) Christian Schoettl vient de faire voter une baisse de 36 % des indemnités des élus par rapport au plafond légal.
A Mennecy, Xavier Dugoin, maire UMP et premier vice-président de la CCVE
(communauté de communes du Val d'Essonne), a renoncé à ses indemnités quelques jours après son élection.
« Ce qui se passe dans ma ville n'a pas valeur d'exemple, tempère Xavier Dugoin qui n'a pas pris part au vote sur la hausse des
indemnités à la CCVE pour cause d'absence. Je ne suis pas un donneur de leçons, et les élus ont droit à des indemnités. A Mennecy, les adjoints ont aussi accepté de toucher 400 de moins que le
plafonnement légal. Le bond de la CCVE est énorme et je comprends que ça passe mal. » Reste que - contrairement à d'autres intercommunalités - la CCVE a communiqué précisément tous les chiffres,
jouant ainsi la carte de la transparence.
Contactés hier, de nombreux élus ou directions d'agglomérations ont répondu « ne pas pouvoir donner rapidement le montant précis
des indemnités ». Il n'est pourtant question que d'argent public...