
La récente flambée des prix des matières premières l'avait laissé présager. L'euro est passé au dessus des 1.51$, victime de la faiblesse chronique de la monnaie américaine. Tout s'est accéléré hier, en début d'après midi. Le dollar a une nouvelle fois perdu du terrain face à la monnaie unique, suite à la parution d'une statistique américaine décevante, celle des prix à la production aux Etats-Unis.
Cette statistique, qui décrit l'évolution des prix des produits à la fin du processus de production, a franchi un nouveau palier au mois de janvier, atteignant 1% de progression par rapport au mois de décembre. En données annuelles, le chiffre atteint désormais 7.4%, ce qui en fait l'augmentation la plus importante depuis octobre 1981. L'indice de base en rythme mensuel, sans prise en compte de l'énergie et de l'alimentaire, a quant à lui engrangé 0.4% selon les chiffres du département du Travail. Les chiffres dépassaient largement les prévisions des analystes qui s'attendaient à une augmentation de l'ordre de 0.4% pour l'indice général et 0.2% pour celui de base.
La baisse du billet vert restait dans un premier temps contenue après cette publication, les intervenants escomptant un durcissement de la politique monétaire de la Fed pour contrer les pressions inflationnistes.
Mais les déclarations en fin de journée du vice-président de la Fed, Donald Kohn, sont venues jeter la suspicion sur la possibilité d'un tel arrêt du processus de baisse des taux actuellement engagé aux Etats-Unis. Ce dernier table sur une modération de l'inflation et une accélération de l'activité économique aux Etats-Unis seulement à partir du second semestre.
Conséquence immédiate: l'euro a flambé face au dollar, passant pour la première fois de son histoire les 1.50$. Il faut dire que dans la matinée de mardi , l'indice Ifo, qui mesure le moral des chefs d'entreprise en Allemagne, était ressorti en février à 104,1 points, après 103,4 points en janvier. Un point qui n'incitera pas Jean Claude Trichet et la BCE à baisser ses taux d'intérêts, geste de nature à affaiblir l'euro.
L'euro a légèrement amélioré mercredi après-midi son précédent record face au billet vert établi dans la matinée, en grimpant jusqu'à 1,5103 dollar pour un euro vers 16H00.
La faiblesse du billet vert a également eu des conséquences sur l'ensemble des cours des matières premières, essentiellement cotées en dollar. L'or a atteint 964,99 dollars l'once, et le pétrole a poursuivi sa course folle en dépassant les 102$ dans les échanges électroniques. Plus tôt dans la semaine, ce sont le maïs et le soja qui avaient atteint de nouveaux records.



C'est son jardin. Son grand «moment de l'année», comme il aime à le répéter. Au Salon de l'agriculture, Jacques Chirac joue à domicile depuis quarante ans. C'est sous un crachin hivernal que l'ex-chef de l'Etat et ancien ministre de l'Agriculture a été accueilli mardi matin sur le tapis rouge du Parc des expositions de Paris. Avant d'entamer un long marathon gastronomique qui tranche avec la visite éclair de Nicolas Sarkozy trois jours plus tôt.
Entouré d'une nuée de cameramen et de photographes, il n'a pas le temps de faire quelques pas, et c'est déjà la cohue monstre. Quelques journalistes sont éjectés au milieu des vaches et du foin. «C'est pire que quand il était président, sa notoriété reste intacte», constate Lionel, 21 ans de Salon sur son stand Blonde Aquitaine. Une arrivée mouvementée qui agace toutefois quelques badauds n'arrivant pas à approcher le président, à qui on présente Volcan, une bête de race limousine de 1220 kg.
Accompagné d'un de ses proches, le député UMP de Seine-et-Marne Christian Jacob, Chirac distribue des poignées de mains à grands coups de «comment ça va ?», claque des bises à des fillettes, ne refuse aucun autographe. Infatigable. Souriant. «Très heureux de vous revoir Monsieur le président», lui lance une jeune femme, à qui il répond spontanément : «Ça me fait bien plaisir également !»
Une proximité rodée, mais appréciée. «Il n'est plus aux affaires en France, mais sa démarche est sincère. On espère qu'il reviendra sur la scène européenne pour relever les défis de l'insuffisance alimentaire, et de la réforme de la PAC (politique agricole commune, ndlr)», confie Nicolas Lassalle, éleveur sur la Montagne noire dans l'Aude, béret noir, polo violet et barbe grisonnante de trois jours. A deux mètres de lui, bousculé sans arrêt, un officier de sécurité sue à grosses gouttes : «Quatre heures d'effort, c'est un bon entrainement !»
Quelques «Chirac président» ou des plus familiers «Jacquot», accompagnés de timides applaudissements, se font encore entendre. L'ex-chef de l'Etat avale un grand verre de lait aromatisé et plusieurs bouts de fromage AOC du Cantal offerts par le maître fromager Cyrille Lorho, meilleur ouvrier de France 2007. Ce dernier jubile : «Chirac, c'est quelqu'un qui mange, qui goûte tout, c'est l'homme de la terre !»
Après une heure trente de déambulation, il s'engouffre finalement pour déguster - à huis-clos - des tranches de jambon au Club des amis du cochon. Dans le hall suivant, place aux pommes AOC du Limousin. «Ce sont les meilleures !», lance-t-il aux producteurs de son ancien fief électoral de Corrèze. Jacques Chirac, qui avoue que sa retraite se passe «super» bien, a promis de revenir l'année prochaine. Avant de partir, il n'a toutefois pas raté l'occasion de savourer une bonne bière sur le stand de la FNSEA, en compagnie de Michel Barnier et Bernard Kouchner.



| :Yoan Leshauriès |

Le chef de l'Etat demande à Vincent Lamanda, premier président de la Cour de cassation de "faire toutes les propositions nécessaires pour l'atteindre", a-t-il ajouté.
La loi permettant la détention illimitée après la prison de criminels supposés dangereux a été validée dans son principe mais les Sages en ont fortement limité l'application interdisant quasiment toute rétroactivité, conformément aux principes généraux du droit.
Cette décision met en principe fin à la procédure. L'article 62 de la Constitution stipule en effet que "les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles".
Les services du premier président de la Cour de cassation, plus haut magistrat français, se sont réunis dans la soirée. Ils ont simplement confirmé à la presse avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée mais n'ont pas réagi officiellement.
"INQUIÉTANT POUR LA DÉMOCRATIE"
L'annonce de la décision présidentielle a provoqué la stupéfaction et l'indignation des syndicats de magistrats.
"C'est une décision ahurissante, unique dans l'histoire de la Ve République", a déclaré à Reuters son secrétaire général Laurent Bedouet. "Jamais un président n'a demandé au président de la cour de Cassation comment contourner une décision du Conseil constitutionnel", a-t-il ajouté.
"On a de l'émotion. Le président de la République est le gardien des institutions. Demander au président de la Cour de cassation les moyens pour contourner une décision du Conseil constitutionnel, c'est inquiétant pour notre démocratie", a expliqué pour sa part Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature, classé à gauche.
Elle a précisé que son syndicat demanderait à Vincent Lamanda de refuser la mission proposée par l'Elysée.
La loi sur la "rétention de sûreté" prévoit que les criminels condamnés à 15 ans de réclusion et plus pour "assassinat, meurtre, torture ou actes de barbarie, viol, enlèvement ou séquestration" pourront être enfermés à leur sortie de prison.
Cela se ferait pour une période d'un an renouvelable indéfiniment, sur décision de justice, après un avis d'experts sur leur dangerosité.
La "rétention", considérée non comme une peine mais une mesure de sûreté par le Conseil constitutionnel, autorise pour la première fois en droit français, hormis le domaine psychiatrique, l'emprisonnement d'une personne sur un "profil" et non en raison de faits."
Cette "première" suscite des critiques à gauche.Le Conseil constitutionnel a estimé dans son avis rendu jeudi que les personnes déjà condamnées et celles qui le seront pour des faits commis avant la publication de la loi ne seraient pas concernés par le texte, sauf dans certains cas précis.
Ils concerneraient les détenus libérés qui ne respecteraient pas des obligations comme le port d'un bracelet électronique et un traitement médical.
Le Conseil a également stipulé qu'avant d'ordonner la rétention, il faudra vérifier si les détenus ont bénéficié en prison de soins adaptés à leurs troubles de la personnalité.Avec ces restrictions, la loi ne devrait s'appliquer pour l'essentiel que dans une quinzaine d'années et dans des cas très limités en nombre.
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